110 termes définis
Le glossaire du patrimoine.
Architecture, construction, décor, droit : le vocabulaire dont on a besoin pour lire un édifice et comprendre les documents qui le concernent.
- Abords
- Périmètre autour d’un monument historique dans lequel les travaux sont soumis à l’accord de l’architecte des Bâtiments de France. Fixé à 500 mètres par défaut depuis 1943, il peut être remplacé par un périmètre délimité adapté à la réalité des lieux.
- Abside
- Extrémité arrondie d’une église, close par une voûte en cul-de-four, qui abrite le sanctuaire. Elle ouvre le plus souvent à l’est, vers le soleil levant.
- Absidiole
- Petite abside secondaire greffée sur le chevet ou sur le transept, destinée à recevoir un autel.
- Affectataire
- Personne ou institution à laquelle un édifice est affecté sans en être propriétaire — typiquement le desservant d’une église communale. L’affectataire n’a pas la charge des grosses réparations.
- Appareil
- Manière dont les pierres sont taillées et assemblées dans un mur. On distingue le petit appareil, le moyen et le grand appareil ; leur lecture permet souvent de dater une maçonnerie.
- Arase
- Rangée de pierres ou de briques posée pour rattraper l’horizontalité d’une maçonnerie irrégulière.
- Arc brisé
- Arc formé de deux portions de cercle se rejoignant en pointe. Il exerce des poussées plus verticales que l’arc en plein cintre : c’est la clef de l’élévation gothique.
- Arc en plein cintre
- Arc en demi-cercle parfait, caractéristique de l’architecture romane et de la tradition antique.
- Arc-boutant
- Arc extérieur qui reporte la poussée des voûtes d’une nef sur un contrefort. Invention majeure du gothique, il permet d’élever les murs et de les percer largement.
- Archéologie préventive
- Ensemble des mesures visant à détecter et étudier les vestiges menacés par des travaux d’aménagement. Un diagnostic peut être prescrit avant tout terrassement.
- Architecte des Bâtiments de France
- Architecte-urbaniste de l’État chargé du contrôle des travaux aux abords des monuments et dans les espaces protégés. Son avis est parfois consultatif, souvent liant.
- Archivolte
- Ensemble des voussures moulurées qui encadrent l’arc d’un portail. Souvent sculptée, elle constitue l’un des principaux supports du décor médiéval.
- Ardoise
- Roche schisteuse fissile utilisée en couverture, posée au clou ou au crochet. Les grands bassins français sont l’Anjou, la Bretagne, les Ardennes et les Pyrénées.
- Armature
- Ossature de fer qui soutient un vitrail dans sa baie : barlotières, vergettes et panneaux forment un système souple, indispensable à la tenue du verre.
- Assise
- Rangée horizontale de pierres de même hauteur dans une maçonnerie.
- Badigeon
- Lait de chaux teinté appliqué sur une maçonnerie ou un enduit. Longtemps considéré comme une salissure, il est aujourd’hui reconnu comme une couche historique à part entière.
- Baie
- Toute ouverture pratiquée dans un mur : porte, fenêtre, arcade.
- Bandeau
- Moulure plate et horizontale qui marque, sur une façade, la séparation entre deux niveaux.
- Bas-côté
- Nef latérale d’une église, séparée de la nef principale par une file de piles ou de colonnes. Synonyme de collatéral.
- Bossage
- Pierre dont la face vue est laissée en saillie, brute ou taillée. Très employé à la Renaissance et dans l’architecture militaire.
- Cadastre napoléonien
- Levé parcellaire réalisé entre 1807 et 1850 environ. Il donne l’emprise des bâtiments avant les grandes campagnes de restauration du XIXe siècle : c’est une source majeure pour l’histoire d’un édifice.
- Calvaire
- Croix monumentale, parfois entourée de personnages sculptés, érigée à un carrefour ou dans un enclos paroissial. Le patrimoine breton en conserve les ensembles les plus élaborés.
- Chaînage
- Ensemble d’éléments — pierres d’angle, tirants, barres de fer — qui solidarise les murs d’un bâtiment et s’oppose à leur écartement.
- Chapiteau
- Élément élargi qui couronne une colonne ou un pilier et reçoit la retombée de l’arc. Sa sculpture est l’un des principaux terrains d’expression de l’art roman.
- Charpente
- Ossature de bois qui porte la couverture. Une charpente ancienne est un document daté : la dendrochronologie permet souvent d’en connaître l’année d’abattage des bois, à l’année près.
- Chevet
- Partie orientale d’une église, en arrière du chœur. Il peut être plat, semi-circulaire, ou développé en déambulatoire et chapelles rayonnantes.
- Chœur
- Partie de l’église réservée au clergé, où se trouve l’autel principal. Souvent séparé de la nef par une clôture, un jubé ou une simple marche.
- Classement
- Niveau de protection le plus élevé au titre des monuments historiques, prononcé par arrêté ministériel ou décret en Conseil d’État. Toute modification est soumise à autorisation spéciale.
- Clé de voûte
- Claveau central qui ferme un arc ou le croisement des nervures d’une voûte. Sa pose achève l’ouvrage et le rend autoportant.
- Clocher-mur
- Mur pignon surélevé et percé de baies où sont suspendues les cloches, sans tour. Fréquent dans le sud-ouest et les régions de faible ressource.
- Colombage
- Ossature de bois apparente dont les vides sont remplis de torchis ou de brique. On dit aussi pan de bois.
- Contrefort
- Massif de maçonnerie adossé à un mur pour reprendre la poussée d’une voûte ou d’une charpente.
- Contrôle scientifique et technique
- Contrôle exercé par l’État sur les travaux touchant un immeuble ou un objet protégé, depuis la conception jusqu’à la réception.
- Corbeau
- Pierre en saillie destinée à porter une charge — poutre, corniche, statue.
- Corniche
- Moulure saillante qui couronne une façade et rejette les eaux de pluie loin du parement. Son entretien conditionne la conservation du mur entier.
- Coupole
- Voûte hémisphérique couvrant un espace centré. Sur plan carré, elle repose sur des pendentifs ou des trompes.
- Croisée d’ogives
- Voûte dont les arêtes sont soulignées par des nervures diagonales qui reportent les charges sur quatre points d’appui. Elle libère les murs et rend possible la baie gothique.
- Cul-de-four
- Voûte en quart de sphère qui couvre une abside.
- Déambulatoire
- Galerie qui contourne le chœur et permet la circulation des fidèles autour du sanctuaire, souvent bordée de chapelles rayonnantes.
- Dendrochronologie
- Datation d’un bois par l’analyse de ses cernes de croissance. Appliquée aux charpentes, elle donne l’année d’abattage de l’arbre et bouleverse régulièrement les chronologies admises.
- Dossier des ouvrages exécutés
- Ensemble des pièces remises à la réception d’un chantier : plans conformes, matériaux employés, photographies. Document indispensable au prochain intervenant, souvent négligé.
- Doubleau
- Arc transversal qui renforce une voûte en berceau et divise la nef en travées.
- DRAC
- Direction régionale des affaires culturelles : service déconcentré du ministère de la Culture qui instruit les protections, les autorisations de travaux et les subventions.
- Échauguette
- Petite guérite en encorbellement à l’angle d’une fortification ou d’un logis, permettant la surveillance.
- Écoinçon
- Surface triangulaire comprise entre la courbe d’un arc et son encadrement rectangulaire, souvent ornée.
- Encorbellement
- Saillie d’une partie de construction portée par des corbeaux, sans appui vertical au sol.
- Enduit
- Revêtement appliqué sur une maçonnerie pour la protéger. Sur un mur ancien, il doit être perméable à la vapeur d’eau : chaux et sable, jamais ciment.
- Entrait
- Pièce horizontale basse d’une ferme de charpente, qui s’oppose à l’écartement des arbalétriers. Sa suppression, fréquente pour dégager un volume, met la charpente en péril.
- Épi de faîtage
- Ornement de terre cuite, de plomb ou de zinc placé à l’extrémité d’un faîtage. Élément modeste, souvent le premier à disparaître.
- Essentage
- Revêtement d’un mur par des ardoises, des bardeaux ou des tuiles, destiné à le protéger des pluies battantes. Fréquent sur les façades ouest en Normandie et en Bretagne.
- Faîtage
- Ligne de rencontre supérieure des deux versants d’un toit, et pièce de bois ou dispositif de couverture qui la protège.
- Ferme
- Assemblage triangulé qui constitue l’unité structurelle d’une charpente et porte les pannes.
- Flèche
- Couronnement pyramidal ou conique très élancé d’une tour ou d’une croisée de transept.
- Fronton
- Couronnement triangulaire ou courbe d’une façade, d’une porte ou d’une fenêtre. Héritage antique remis à l’honneur par la Renaissance.
- Gâble
- Pignon décoratif très aigu qui surmonte une baie ou un portail gothique.
- Gargouille
- Élément saillant, souvent sculpté, qui rejette les eaux de toiture à distance du mur. Ce n’est pas un ornement gratuit : c’est un organe de conservation.
- Harpage
- Pierres d’angle alternées qui assurent la liaison entre deux murs. On dit aussi harpe ou chaîne d’angle.
- Hourdis
- Remplissage entre les éléments porteurs d’une ossature ou d’un plancher.
- Imposte
- Assise saillante ou moulure qui marque la naissance d’un arc, et par extension partie fixe vitrée au-dessus d’une porte.
- Inscription
- Protection au titre des monuments historiques prononcée par le préfet de région. Moins contraignante que le classement, elle impose la déclaration préalable des travaux et ouvre droit à des aides.
- Instance de classement
- Décision qui applique provisoirement à un édifice, pour douze mois, les effets du classement. Outil d’urgence lorsqu’une destruction est imminente.
- Jubé
- Clôture monumentale, souvent sculptée et surmontée d’une tribune, séparant le chœur de la nef. La plupart des jubés français ont été détruits aux XVIIe et XVIIIe siècles.
- Label Fondation du patrimoine
- Label attribué à un immeuble non protégé mais présentant un intérêt patrimonial, ouvrant à son propriétaire privé un avantage fiscal sur les travaux de restauration.
- Lancette
- Baie étroite terminée en arc brisé aigu, caractéristique du gothique du XIIIe siècle.
- Larmier
- Moulure munie d’une rainure inférieure — la mouchette — qui interrompt le ruissellement et protège le parement.
- Lauze
- Dalle de pierre plate, calcaire ou schisteuse, utilisée en couverture. Les toits de lauzes comptent parmi les plus lourds et les plus fragiles à remonter.
- Linteau
- Pièce horizontale qui ferme le haut d’une baie et reporte les charges sur les jambages.
- Litre funéraire
- Bande noire peinte à l’intérieur ou à l’extérieur d’une église, portant les armes du seigneur défunt. Souvent recouverte de badigeons, elle réapparaît lors des restaurations.
- Loi du 31 décembre 1913
- Texte fondateur du droit français des monuments historiques : classement d’office, inscription, protection des objets mobiliers, servitudes attachées à l’immeuble. Codifié au code du patrimoine.
- Lucarne
- Ouverture verticale pratiquée dans un versant de toiture pour éclairer les combles.
- Mâchicoulis
- Galerie en encorbellement percée d’ouvertures au sol, permettant le tir vertical au pied d’une muraille.
- Maîtrise d’ouvrage
- Le propriétaire, qui décide de l’opération, la finance et l’assume. À distinguer de la maîtrise d’œuvre, qui conçoit et dirige les travaux.
- Meneau
- Montant de pierre divisant verticalement une baie. Associé aux traverses, il forme la croisée.
- Modénature
- Ensemble des moulures et profils d’une façade. Elle donne à un édifice son caractère et sa lisibilité dans la lumière.
- Modillon
- Petite console sculptée soutenant une corniche, particulièrement développée dans l’art roman du sud-ouest.
- Mortier de chaux
- Liant obtenu par cuisson du calcaire, gâché avec du sable. Perméable, souple et plus tendre que la pierre, il est le mortier propre au bâti ancien.
- Narthex
- Vestibule précédant la nef, à l’entrée occidentale d’une église.
- Nef
- Vaisseau principal d’une église, de l’entrée au transept, où se tiennent les fidèles.
- Oculus
- Baie circulaire, sans remplage complexe, éclairant un pignon ou une coupole.
- Ogive
- Nervure diagonale d’une voûte. Le mot ne désigne pas l’arc brisé, contrairement à un usage courant mais fautif.
- Pendentif
- Triangle sphérique assurant le passage d’un plan carré à la base circulaire d’une coupole.
- Pierre de taille
- Pierre extraite, équarrie et taillée avec précision, posée en assises régulières et destinée à rester visible.
- Pignon
- Mur terminant un bâtiment dans le sens de sa largeur, généralement triangulaire sous les rampants du toit.
- Pilastre
- Pilier plat engagé dans un mur, traité comme une colonne avec base et chapiteau.
- Pinacle
- Couronnement pyramidal élancé qui charge un contrefort et stabilise la poussée des arcs-boutants. Ornement en apparence, organe de structure en réalité.
- Polychromie
- Décor peint appliqué sur une architecture ou une sculpture. L’idée d’un Moyen Âge de pierre nue est un contresens : les édifices étaient colorés.
- Porche
- Espace couvert précédant l’entrée d’un édifice, protégeant le portail et abritant les assemblées.
- Poutre de gloire
- Poutre transversale portant le Christ en croix entre la Vierge et saint Jean, à l’entrée du chœur. Vestige fréquent des jubés disparus.
- Rejointoiement
- Réfection des joints d’une maçonnerie. Réalisé au ciment, il provoque à terme la destruction du parement ; il doit être exécuté au mortier de chaux.
- Remplage
- Réseau de pierre découpée qui subdivise une baie gothique et supporte le vitrail. Son dessin — rayonnant, puis flamboyant — est un excellent marqueur chronologique.
- Retable
- Construction ornée dressée en arrière d’un autel. Les retables lavallois, bretons ou baroques comptent parmi les ensembles les plus spectaculaires du patrimoine mobilier français.
- Rosace
- Grande baie circulaire à remplage rayonnant. On dit aussi rose. Le terme est réservé aux compositions complexes, l’oculus désignant l’ouverture simple.
- Sablière
- Pièce de bois horizontale posée au sommet d’un mur, sur laquelle repose la charpente. Souvent sculptée en Bretagne.
- Servitude d’utilité publique
- Charge grevant un immeuble dans l’intérêt général. La protection au titre des monuments historiques en constitue une : elle suit l’immeuble, quel que soit son propriétaire.
- Site patrimonial remarquable
- Régime créé par la loi du 7 juillet 2016, qui fusionne secteurs sauvegardés, ZPPAUP et AVAP. Il protège des ensembles urbains ou paysagers au moyen d’un document réglementaire.
- Solin
- Raccord étanche entre une couverture et un ouvrage vertical — souche, mur, lucarne. Point de faiblesse constant, à vérifier chaque année.
- Tailloir
- Dalle qui couronne un chapiteau et reçoit la retombée de l’arc.
- Tas de charge
- Assises horizontales des premières pierres d’une voûte, taillées d’un seul bloc pour plusieurs nervures. Marque de virtuosité des tailleurs gothiques.
- Tirant
- Barre de fer ou pièce de bois tendue, destinée à s’opposer à l’écartement de deux murs ou des reins d’une voûte.
- Torchis
- Mélange de terre argileuse et de fibres végétales garnissant une ossature de bois. Matériau réparable, isolant et perspirant, longtemps méprisé.
- Tour-lanterne
- Tour élevée à la croisée du transept et ouverte de baies, qui éclaire l’intérieur de l’église. Spécialité normande.
- Transept
- Vaisseau transversal qui coupe la nef et donne à l’église son plan en croix.
- Travée
- Portion d’édifice comprise entre deux supports successifs. L’unité de composition d’une nef ou d’une façade.
- Trumeau
- Pilier central divisant la baie d’un grand portail, souvent orné d’une statue ; par extension, pan de mur entre deux baies.
- Tuffeau
- Craie tendre du Val de Loire, facile à tailler et sensible au gel. Sa restauration exige des pierres de même banc et des mortiers très doux.
- Tympan
- Surface pleine comprise entre le linteau d’un portail et l’arc qui le surmonte. Support privilégié de la grande sculpture romane et gothique.
- UDAP
- Unité départementale de l’architecture et du patrimoine : service de proximité où exercent les architectes des Bâtiments de France.
- Vitrail
- Panneau de verres colorés assemblés par des plombs, tenu par une armature de fer. Sa conservation exige la dépose périodique et, souvent, une verrière de doublage extérieure.
- Voussure
- Chacun des arcs concentriques en retrait qui composent l’archivolte d’un portail.
- Voûte
- Ouvrage courbe couvrant un espace. Berceau, arête, croisée d’ogives, coupole : sa forme est le meilleur indice de datation d’un édifice.
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