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Le Patrimoine Français Association loi 1901

110 termes définis

Le glossaire du patrimoine.

Architecture, construction, décor, droit : le vocabulaire dont on a besoin pour lire un édifice et comprendre les documents qui le concernent.

Abords
Périmètre autour d’un monument historique dans lequel les travaux sont soumis à l’accord de l’architecte des Bâtiments de France. Fixé à 500 mètres par défaut depuis 1943, il peut être remplacé par un périmètre délimité adapté à la réalité des lieux.
Abside
Extrémité arrondie d’une église, close par une voûte en cul-de-four, qui abrite le sanctuaire. Elle ouvre le plus souvent à l’est, vers le soleil levant.
Absidiole
Petite abside secondaire greffée sur le chevet ou sur le transept, destinée à recevoir un autel.
Affectataire
Personne ou institution à laquelle un édifice est affecté sans en être propriétaire — typiquement le desservant d’une église communale. L’affectataire n’a pas la charge des grosses réparations.
Appareil
Manière dont les pierres sont taillées et assemblées dans un mur. On distingue le petit appareil, le moyen et le grand appareil ; leur lecture permet souvent de dater une maçonnerie.
Arase
Rangée de pierres ou de briques posée pour rattraper l’horizontalité d’une maçonnerie irrégulière.
Arc brisé
Arc formé de deux portions de cercle se rejoignant en pointe. Il exerce des poussées plus verticales que l’arc en plein cintre : c’est la clef de l’élévation gothique.
Arc en plein cintre
Arc en demi-cercle parfait, caractéristique de l’architecture romane et de la tradition antique.
Arc-boutant
Arc extérieur qui reporte la poussée des voûtes d’une nef sur un contrefort. Invention majeure du gothique, il permet d’élever les murs et de les percer largement.
Archéologie préventive
Ensemble des mesures visant à détecter et étudier les vestiges menacés par des travaux d’aménagement. Un diagnostic peut être prescrit avant tout terrassement.
Architecte des Bâtiments de France
Architecte-urbaniste de l’État chargé du contrôle des travaux aux abords des monuments et dans les espaces protégés. Son avis est parfois consultatif, souvent liant.
Archivolte
Ensemble des voussures moulurées qui encadrent l’arc d’un portail. Souvent sculptée, elle constitue l’un des principaux supports du décor médiéval.
Ardoise
Roche schisteuse fissile utilisée en couverture, posée au clou ou au crochet. Les grands bassins français sont l’Anjou, la Bretagne, les Ardennes et les Pyrénées.
Armature
Ossature de fer qui soutient un vitrail dans sa baie : barlotières, vergettes et panneaux forment un système souple, indispensable à la tenue du verre.
Assise
Rangée horizontale de pierres de même hauteur dans une maçonnerie.
Badigeon
Lait de chaux teinté appliqué sur une maçonnerie ou un enduit. Longtemps considéré comme une salissure, il est aujourd’hui reconnu comme une couche historique à part entière.
Baie
Toute ouverture pratiquée dans un mur : porte, fenêtre, arcade.
Bandeau
Moulure plate et horizontale qui marque, sur une façade, la séparation entre deux niveaux.
Bas-côté
Nef latérale d’une église, séparée de la nef principale par une file de piles ou de colonnes. Synonyme de collatéral.
Bossage
Pierre dont la face vue est laissée en saillie, brute ou taillée. Très employé à la Renaissance et dans l’architecture militaire.
Cadastre napoléonien
Levé parcellaire réalisé entre 1807 et 1850 environ. Il donne l’emprise des bâtiments avant les grandes campagnes de restauration du XIXe siècle : c’est une source majeure pour l’histoire d’un édifice.
Calvaire
Croix monumentale, parfois entourée de personnages sculptés, érigée à un carrefour ou dans un enclos paroissial. Le patrimoine breton en conserve les ensembles les plus élaborés.
Chaînage
Ensemble d’éléments — pierres d’angle, tirants, barres de fer — qui solidarise les murs d’un bâtiment et s’oppose à leur écartement.
Chapiteau
Élément élargi qui couronne une colonne ou un pilier et reçoit la retombée de l’arc. Sa sculpture est l’un des principaux terrains d’expression de l’art roman.
Charpente
Ossature de bois qui porte la couverture. Une charpente ancienne est un document daté : la dendrochronologie permet souvent d’en connaître l’année d’abattage des bois, à l’année près.
Chevet
Partie orientale d’une église, en arrière du chœur. Il peut être plat, semi-circulaire, ou développé en déambulatoire et chapelles rayonnantes.
Chœur
Partie de l’église réservée au clergé, où se trouve l’autel principal. Souvent séparé de la nef par une clôture, un jubé ou une simple marche.
Classement
Niveau de protection le plus élevé au titre des monuments historiques, prononcé par arrêté ministériel ou décret en Conseil d’État. Toute modification est soumise à autorisation spéciale.
Clé de voûte
Claveau central qui ferme un arc ou le croisement des nervures d’une voûte. Sa pose achève l’ouvrage et le rend autoportant.
Clocher-mur
Mur pignon surélevé et percé de baies où sont suspendues les cloches, sans tour. Fréquent dans le sud-ouest et les régions de faible ressource.
Colombage
Ossature de bois apparente dont les vides sont remplis de torchis ou de brique. On dit aussi pan de bois.
Contrefort
Massif de maçonnerie adossé à un mur pour reprendre la poussée d’une voûte ou d’une charpente.
Contrôle scientifique et technique
Contrôle exercé par l’État sur les travaux touchant un immeuble ou un objet protégé, depuis la conception jusqu’à la réception.
Corbeau
Pierre en saillie destinée à porter une charge — poutre, corniche, statue.
Corniche
Moulure saillante qui couronne une façade et rejette les eaux de pluie loin du parement. Son entretien conditionne la conservation du mur entier.
Coupole
Voûte hémisphérique couvrant un espace centré. Sur plan carré, elle repose sur des pendentifs ou des trompes.
Croisée d’ogives
Voûte dont les arêtes sont soulignées par des nervures diagonales qui reportent les charges sur quatre points d’appui. Elle libère les murs et rend possible la baie gothique.
Cul-de-four
Voûte en quart de sphère qui couvre une abside.
Déambulatoire
Galerie qui contourne le chœur et permet la circulation des fidèles autour du sanctuaire, souvent bordée de chapelles rayonnantes.
Dendrochronologie
Datation d’un bois par l’analyse de ses cernes de croissance. Appliquée aux charpentes, elle donne l’année d’abattage de l’arbre et bouleverse régulièrement les chronologies admises.
Dossier des ouvrages exécutés
Ensemble des pièces remises à la réception d’un chantier : plans conformes, matériaux employés, photographies. Document indispensable au prochain intervenant, souvent négligé.
Doubleau
Arc transversal qui renforce une voûte en berceau et divise la nef en travées.
DRAC
Direction régionale des affaires culturelles : service déconcentré du ministère de la Culture qui instruit les protections, les autorisations de travaux et les subventions.
Échauguette
Petite guérite en encorbellement à l’angle d’une fortification ou d’un logis, permettant la surveillance.
Écoinçon
Surface triangulaire comprise entre la courbe d’un arc et son encadrement rectangulaire, souvent ornée.
Encorbellement
Saillie d’une partie de construction portée par des corbeaux, sans appui vertical au sol.
Enduit
Revêtement appliqué sur une maçonnerie pour la protéger. Sur un mur ancien, il doit être perméable à la vapeur d’eau : chaux et sable, jamais ciment.
Entrait
Pièce horizontale basse d’une ferme de charpente, qui s’oppose à l’écartement des arbalétriers. Sa suppression, fréquente pour dégager un volume, met la charpente en péril.
Épi de faîtage
Ornement de terre cuite, de plomb ou de zinc placé à l’extrémité d’un faîtage. Élément modeste, souvent le premier à disparaître.
Essentage
Revêtement d’un mur par des ardoises, des bardeaux ou des tuiles, destiné à le protéger des pluies battantes. Fréquent sur les façades ouest en Normandie et en Bretagne.
Faîtage
Ligne de rencontre supérieure des deux versants d’un toit, et pièce de bois ou dispositif de couverture qui la protège.
Ferme
Assemblage triangulé qui constitue l’unité structurelle d’une charpente et porte les pannes.
Flèche
Couronnement pyramidal ou conique très élancé d’une tour ou d’une croisée de transept.
Fronton
Couronnement triangulaire ou courbe d’une façade, d’une porte ou d’une fenêtre. Héritage antique remis à l’honneur par la Renaissance.
Gâble
Pignon décoratif très aigu qui surmonte une baie ou un portail gothique.
Gargouille
Élément saillant, souvent sculpté, qui rejette les eaux de toiture à distance du mur. Ce n’est pas un ornement gratuit : c’est un organe de conservation.
Harpage
Pierres d’angle alternées qui assurent la liaison entre deux murs. On dit aussi harpe ou chaîne d’angle.
Hourdis
Remplissage entre les éléments porteurs d’une ossature ou d’un plancher.
Imposte
Assise saillante ou moulure qui marque la naissance d’un arc, et par extension partie fixe vitrée au-dessus d’une porte.
Inscription
Protection au titre des monuments historiques prononcée par le préfet de région. Moins contraignante que le classement, elle impose la déclaration préalable des travaux et ouvre droit à des aides.
Instance de classement
Décision qui applique provisoirement à un édifice, pour douze mois, les effets du classement. Outil d’urgence lorsqu’une destruction est imminente.
Jubé
Clôture monumentale, souvent sculptée et surmontée d’une tribune, séparant le chœur de la nef. La plupart des jubés français ont été détruits aux XVIIe et XVIIIe siècles.
Label Fondation du patrimoine
Label attribué à un immeuble non protégé mais présentant un intérêt patrimonial, ouvrant à son propriétaire privé un avantage fiscal sur les travaux de restauration.
Lancette
Baie étroite terminée en arc brisé aigu, caractéristique du gothique du XIIIe siècle.
Larmier
Moulure munie d’une rainure inférieure — la mouchette — qui interrompt le ruissellement et protège le parement.
Lauze
Dalle de pierre plate, calcaire ou schisteuse, utilisée en couverture. Les toits de lauzes comptent parmi les plus lourds et les plus fragiles à remonter.
Linteau
Pièce horizontale qui ferme le haut d’une baie et reporte les charges sur les jambages.
Litre funéraire
Bande noire peinte à l’intérieur ou à l’extérieur d’une église, portant les armes du seigneur défunt. Souvent recouverte de badigeons, elle réapparaît lors des restaurations.
Loi du 31 décembre 1913
Texte fondateur du droit français des monuments historiques : classement d’office, inscription, protection des objets mobiliers, servitudes attachées à l’immeuble. Codifié au code du patrimoine.
Lucarne
Ouverture verticale pratiquée dans un versant de toiture pour éclairer les combles.
Mâchicoulis
Galerie en encorbellement percée d’ouvertures au sol, permettant le tir vertical au pied d’une muraille.
Maîtrise d’ouvrage
Le propriétaire, qui décide de l’opération, la finance et l’assume. À distinguer de la maîtrise d’œuvre, qui conçoit et dirige les travaux.
Meneau
Montant de pierre divisant verticalement une baie. Associé aux traverses, il forme la croisée.
Modénature
Ensemble des moulures et profils d’une façade. Elle donne à un édifice son caractère et sa lisibilité dans la lumière.
Modillon
Petite console sculptée soutenant une corniche, particulièrement développée dans l’art roman du sud-ouest.
Mortier de chaux
Liant obtenu par cuisson du calcaire, gâché avec du sable. Perméable, souple et plus tendre que la pierre, il est le mortier propre au bâti ancien.
Narthex
Vestibule précédant la nef, à l’entrée occidentale d’une église.
Nef
Vaisseau principal d’une église, de l’entrée au transept, où se tiennent les fidèles.
Oculus
Baie circulaire, sans remplage complexe, éclairant un pignon ou une coupole.
Ogive
Nervure diagonale d’une voûte. Le mot ne désigne pas l’arc brisé, contrairement à un usage courant mais fautif.
Pendentif
Triangle sphérique assurant le passage d’un plan carré à la base circulaire d’une coupole.
Pierre de taille
Pierre extraite, équarrie et taillée avec précision, posée en assises régulières et destinée à rester visible.
Pignon
Mur terminant un bâtiment dans le sens de sa largeur, généralement triangulaire sous les rampants du toit.
Pilastre
Pilier plat engagé dans un mur, traité comme une colonne avec base et chapiteau.
Pinacle
Couronnement pyramidal élancé qui charge un contrefort et stabilise la poussée des arcs-boutants. Ornement en apparence, organe de structure en réalité.
Polychromie
Décor peint appliqué sur une architecture ou une sculpture. L’idée d’un Moyen Âge de pierre nue est un contresens : les édifices étaient colorés.
Porche
Espace couvert précédant l’entrée d’un édifice, protégeant le portail et abritant les assemblées.
Poutre de gloire
Poutre transversale portant le Christ en croix entre la Vierge et saint Jean, à l’entrée du chœur. Vestige fréquent des jubés disparus.
Rejointoiement
Réfection des joints d’une maçonnerie. Réalisé au ciment, il provoque à terme la destruction du parement ; il doit être exécuté au mortier de chaux.
Remplage
Réseau de pierre découpée qui subdivise une baie gothique et supporte le vitrail. Son dessin — rayonnant, puis flamboyant — est un excellent marqueur chronologique.
Retable
Construction ornée dressée en arrière d’un autel. Les retables lavallois, bretons ou baroques comptent parmi les ensembles les plus spectaculaires du patrimoine mobilier français.
Rosace
Grande baie circulaire à remplage rayonnant. On dit aussi rose. Le terme est réservé aux compositions complexes, l’oculus désignant l’ouverture simple.
Sablière
Pièce de bois horizontale posée au sommet d’un mur, sur laquelle repose la charpente. Souvent sculptée en Bretagne.
Servitude d’utilité publique
Charge grevant un immeuble dans l’intérêt général. La protection au titre des monuments historiques en constitue une : elle suit l’immeuble, quel que soit son propriétaire.
Site patrimonial remarquable
Régime créé par la loi du 7 juillet 2016, qui fusionne secteurs sauvegardés, ZPPAUP et AVAP. Il protège des ensembles urbains ou paysagers au moyen d’un document réglementaire.
Solin
Raccord étanche entre une couverture et un ouvrage vertical — souche, mur, lucarne. Point de faiblesse constant, à vérifier chaque année.
Tailloir
Dalle qui couronne un chapiteau et reçoit la retombée de l’arc.
Tas de charge
Assises horizontales des premières pierres d’une voûte, taillées d’un seul bloc pour plusieurs nervures. Marque de virtuosité des tailleurs gothiques.
Tirant
Barre de fer ou pièce de bois tendue, destinée à s’opposer à l’écartement de deux murs ou des reins d’une voûte.
Torchis
Mélange de terre argileuse et de fibres végétales garnissant une ossature de bois. Matériau réparable, isolant et perspirant, longtemps méprisé.
Tour-lanterne
Tour élevée à la croisée du transept et ouverte de baies, qui éclaire l’intérieur de l’église. Spécialité normande.
Transept
Vaisseau transversal qui coupe la nef et donne à l’église son plan en croix.
Travée
Portion d’édifice comprise entre deux supports successifs. L’unité de composition d’une nef ou d’une façade.
Trumeau
Pilier central divisant la baie d’un grand portail, souvent orné d’une statue ; par extension, pan de mur entre deux baies.
Tuffeau
Craie tendre du Val de Loire, facile à tailler et sensible au gel. Sa restauration exige des pierres de même banc et des mortiers très doux.
Tympan
Surface pleine comprise entre le linteau d’un portail et l’arc qui le surmonte. Support privilégié de la grande sculpture romane et gothique.
UDAP
Unité départementale de l’architecture et du patrimoine : service de proximité où exercent les architectes des Bâtiments de France.
Vitrail
Panneau de verres colorés assemblés par des plombs, tenu par une armature de fer. Sa conservation exige la dépose périodique et, souvent, une verrière de doublage extérieure.
Voussure
Chacun des arcs concentriques en retrait qui composent l’archivolte d’un portail.
Voûte
Ouvrage courbe couvrant un espace. Berceau, arête, croisée d’ogives, coupole : sa forme est le meilleur indice de datation d’un édifice.

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