Métier d’art
Doreur ornemaniste
La dorure n’est pas un vernis : c’est un métal battu à moins d’un dixième de micron, posé à la main sur une préparation de plusieurs couches, et brunie à la pierre d’agate.
Deux techniques
La dorure à l’eau, la plus noble : sur un support préparé au blanc de Meudon et à la colle de peau, on applique l’assiette — un bol argileux, souvent rouge — puis la feuille d’or, posée à l’aide d’une palette et fixée à l’eau gommée. Le brunissage à la pierre d’agate donne cet éclat miroir que rien d’autre n’imite.
La dorure à la mixtion, à l’huile, plus résistante, s’emploie à l’extérieur et sur les supports exposés — coqs de clocher, grilles, inscriptions.
Ce que le doreur restaure
Retables, cadres, boiseries, chaires, statues polychromes, mobilier liturgique, lettres et attributs. En France, le patrimoine doré est immense et concentré dans les églises : chaque commune ou presque possède un ou plusieurs éléments dorés du XVII<sup>e</sup> ou du XVIII<sup>e</sup> siècle.
Ne jamais redorer sans comprendre
L’erreur la plus fréquente est la redorure intégrale au bronzine ou à la peinture dorée, qui efface définitivement l’or ancien sous une couche métallique qui noircira. Une dorure originale, même usée, vaut infiniment plus qu’un neuf industriel.
La restauration consiste à consolider les préparations, refixer les écailles, nettoyer avec des solvants adaptés, et ne reprendre que les lacunes — de manière réversible et repérable.
Passer à l’acte
Chaque pierre sauvée est une victoire sur l’oubli.
Votre don finance des diagnostics, des échafaudages, des relevés, des heures d’artisan. Il devient de la matière, du savoir-faire, du temps gagné sur la ruine.
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